[ACTUS] SEXPERIENCE de AMAGBEGNON ou le VODOUN au service de l’éducation sexuelle


Ecrit par : La Rédaction  |   Lu : 199

Une chanson de prévention qui incite à une éducation décomplexée. Une chanson qui permet d’expliciter la nécessité de transmettre aux adolescents les bases fondamentales autour de leur sexualité. Le slameur Amagbégnon met sa démarche vodoun au service d’une cause sociétale qui interpelle à plusieurs niveaux : éducationnel, sociologique, culturel et psychologique. En cela, « Sexpérience », est une chanson conçue pour aider des parents, des éducateurs (trices), des enseignants (tes) et acteurs de prévention. A la fois pour désamorcer la peur, pour anticiper sur les travers non voulus, que pour initier en toute conscience les générations actuelles et futures sur les enjeux tabous qui nous entourent.


Pour y parvenir, Amagbégnon narre dans chaque couplet de « Sexpérience », un pan de déboires qu’il aurait vécu. En effet, par le biais d’un personnage que l’artiste incarne lui-même, il n’hésite pas à être tour à tour incisif, ironique, peiné, et affecté. Retranscrivant les périls, les délits, les risques, les excès, les manquements qui surviennent chez un adolescent qui se sent émancipé alors qu’il n’expose que son ignorance sur sa sexualité.


En cela, cette chanson interpelle à travers la subtilité de réappropriation du narratif. A travers l'orientation du traitement thématique. A travers la musique et son intention graduelle d'entretenir l'émotion jusqu'à le mener vers le rubicond du ressenti. A travers la fidélité à une ligne éditoriale artistique pleine d’ancrages mais qui échappe au folklorisme dénué de nuances. A travers la trame construite autour du clip en tant que fresque arborant symboles et référentialités spirituelle dont la transversalité transparaît explicitement.


Une manière pédagogique et identitaire pour le slameur Amagbégnon de contribuer à débarrasser les parents (mais pas que !) de leurs craintes et les rassurer sur l’importance de l’échange franc, documenté et précis. De quoi prouver clairement, que l’inconnaissance mène plus aisément au pire plus que le fait de savoir.